Créer une micro-entreprise est souvent présenté comme simple, rapide et sans risque. C’est vrai… mais pour bien gérer son activité, encore faut-il comprendre ce qui se cache derrière les beaux discours. Notamment en ce qui concerne les cotisations sociales, les impôts et le chiffre d’affaires réel.
Dans cet article, on démêle tout ça de manière claire et pratique.
Le chiffre d’affaires n’est pas votre revenu
Premier point fondamental : en micro-entreprise, ce que vous encaissez (le chiffre d’affaires) n’est pas votre “salaire”.
Avant de penser à votre revenu réel, il faut déjà retirer :
- Les cotisations sociales,
- L’impôt sur le revenu,
- Et éventuellement vos frais professionnels (même s’ils ne sont pas déductibles en micro-entreprise).
Donc si vous facturez 2 000 € par mois, vous ne gagnez pas 2 000 € dans votre poche.
Les cotisations sociales en micro-entreprise
En micro-entreprise, vos charges sociales sont calculées directement en pourcentage de votre chiffre d’affaires, que vous ayez ou non des dépenses.
Les taux en 2025 sont environ :
- 22% pour une activité de prestations de service (ex : consultant, coach, freelance),
- 12,3% pour l’achat/vente de marchandises (ex : boutique en ligne, revente de produits).
Exemple simple :
- Vous facturez 2 000 € de prestations.
- Vous paierez environ 440 € de cotisations sociales (2 000 € x 22%).
Attention : même si vous n’avez pas de dépenses, ces cotisations sont obligatoires. Et si vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires, vous ne payez rien.
L’impôt sur le revenu : comment ça fonctionne ?
Ensuite, il faut penser à l’impôt sur le revenu.
Deux options existent :
- Versement libératoire : vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations sociales, directement sur votre chiffre d’affaires (entre 1 % et 2,2 % selon l’activité).
- Déclaration classique : votre chiffre d’affaires est intégré dans votre déclaration de revenus personnelle, comme tout le monde, après application d’un abattement forfaitaire, puis soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Montant de l’abattement :
- 71 % pour les activités d’achat/vente de marchandises ou de fourniture de logement (hors meublés de tourisme, gîte rural, chambre d’hôte),
- 50 % pour les activités de prestations de services BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux),
- 34 % pour les activités de prestations de services BNC (Bénéfices Non Commerciaux) et les professions libérales,
- 30 % pour les activités de location de meublés de tourisme (classés ou non classés).
À noter : l’abattement ne peut jamais être inférieur à 305 €, quel que soit votre chiffre d’affaires.
Exemple rapide :
Vous facturez 24 000 € de prestations de service BNC sur l’année.
L’administration fiscale prend en compte le chiffre d’affaires brut, et non votre résultat réel (vos recettes sans tenir compte de vos dépenses).
Application d’un abattement forfaitaire de 34 %, soit 8 160 €.
→ Votre revenu imposable sera donc 15 840 €.
Attention :
Cet abattement est censé représenter forfaitairement vos charges professionnelles. Mais si, en réalité, vos frais sont plus élevés que l’abattement (par exemple 12 000 € de frais réels pour 24 000 € de chiffre d’affaires), vous serez quand même imposé sur une base plus élevée que votre bénéfice réel.
Autrement dit :
- En micro-entreprise, vous ne pouvez pas justifier vos vraies dépenses pour réduire votre impôt.
- En entreprise classique (régime réel), vous êtes imposé sur le résultat net fiscal : recettes – charges réelles = bénéfice imposable.
Si vos frais sont faibles, la micro-entreprise est avantageuse.
Si vos frais sont élevés, il peut être plus judicieux de créer une société pour pouvoir déduire toutes vos dépenses et réduire votre base imposable.
Et les frais professionnels alors ?
Contrairement à une société classique, vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles en micro-entreprise.
Que vous ayez 0 € ou 10 000 € de frais (abonnement logiciel, déplacements, fournitures…), l’administration applique son abattement forfaitaire et ne prend pas en compte vos dépenses.
C’est simple à gérer, mais cela peut être pénalisant pour les activités qui génèrent beaucoup de frais.
Si votre activité est “lourde” en charges, une société (SASU, EURL…) pourrait être plus adaptée. Découvrez ici notre article dédié aux sociétés pour en savoir plus.
Quelques chiffres concrets
Prenons un exemple d’un micro-entrepreneur en prestations de service qui facture 3 000 € par mois :
Chiffre d’affaires annuel : 36 000 €,
Cotisations sociales : 36 000 € x 22% = 7 920 €,
Revenu brut avant impôt : 36 000 € – 7 920 € = 28 080 €,
Revenu imposable après abattement de 34% : environ 23 760 €.
Sur ce revenu imposable, vous paierez ensuite l’impôt sur le revenu, selon votre tranche marginale d’imposition.
Les plafonds de chiffre d’affaires à connaître
Le régime micro-entrepreneur impose également des plafonds de chiffre d’affaires :
- 77 700 € pour les prestations de service en 2025,
- 188 700 € pour l’achat/vente de marchandises.
Si vous dépassez ces plafonds deux années consécutives, vous sortez du régime micro et basculez automatiquement dans un régime plus classique.
TVA : êtes-vous concerné ?
Tant que vous restez sous certains seuils, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous n’avez pas à facturer la TVA à vos clients.
Seuils pour 2025 :
- 41 250 € pour les prestations de service,
- 93 500 € pour les activités d’achat/vente de marchandises.
Au-delà de ces seuils, vous devrez facturer et reverser la TVA, même si vous êtes toujours sous le plafond micro-entreprise.
Conclusion : simplicité, mais pas sans réflexion
La micro-entreprise offre une formidable simplicité pour se lancer. Mais attention à bien comprendre l’envers du décor : charges sociales, impôts, plafonds, impossibilité de déduire ses frais… mieux vaut anticiper pour éviter les mauvaises surprises.
Vous hésitez encore entre micro-entreprise et société ?
Découvrez notre article complet sur les sociétés ici pour faire le bon choix.
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