Vous vous demandez souvent : « Pourquoi ne pas me lancer à mon compte ? Être mon propre patron et devenir libre ? » Avec les réseaux sociaux, nous sommes de plus en plus exposés à l’entrepreneuriat, notamment via les influenceurs et gourous de la finance qui nous y poussent (d’ailleurs, voir ici un article dédié).
Entreprendre est une bonne chose, mais cela ne se fait malheureusement pas sur un coup de tête. Quitter son emploi du jour au lendemain sans aucun plan risque de vous mener droit dans le mur. En revanche, avec une bonne préparation et un sérieux à toute épreuve, la réussite est à portée de main. Il faudra faire des sacrifices — après tout, Rome ne s’est pas construite en un jour.
Avant tout, que voulez-vous vendre ?
C’est la question fondamentale : allez-vous vendre un service ou un produit ?
- Si c’est un service, êtes-vous vraiment compétent et légitime sur le sujet ?
- Si c’est un produit, connaissez-vous bien le marché, les besoins clients, les acteurs concurrents, les coûts ?
Et surtout : à qui allez-vous vendre ? À quel prix ? À quelle fréquence ?
Tant que vous n’avez pas répondu à ces questions, ne pensez pas encore à démissionner.
Une fois votre idée clarifiée, passez à l’étape suivante : valider le besoin avec une étude de marché et poser les bases de votre projet avec un business plan. Ces outils sont souvent décrits comme du jargon technique, mais rassurez-vous : ils sont bien plus simples qu’on ne le pense. (On en parle plus en détail dans cet article)
Comment créer son entreprise ?
Votre offre est claire, votre cible identifiée, vos prix définis. Il est temps de réfléchir à la forme juridique de votre entreprise.
- Quel statut juridique choisir ? (auto-entrepreneur, SASU, EURL…)
- Quelles sont les obligations administratives, fiscales ou sociales ?
- Votre activité est-elle réglementée ? Faut-il une assurance professionnelle ? Un local ?
Autant de questions cruciales avant d’appuyer sur le bouton “Démission”.
Faut-il vraiment tout quitter tout de suite ?
Spoiler : non.
Dans la majorité des cas, il est beaucoup plus sage de tester son activité en parallèle de son emploi actuel.
- Freelance ? Proposez vos services le soir ou le week-end.
- E-commerce ? Lancez un petit catalogue en dropshipping ou en fabrication artisanale.
- Coach ? Testez vos offres sur Instagram ou LinkedIn.
Le statut d’auto-entrepreneur est parfait pour commencer :
- Création gratuite et rapide,
- Pas de comptabilité lourde,
- Franchise en base de TVA (tant que vous restez sous les seuils),
- Cotisations sociales proportionnelles au chiffre d’affaires.
L’objectif ? Valider votre modèle sans pression financière et sans mettre en danger votre situation personnelle.
Votre activité décolle : et maintenant ?
Votre business prend forme, les clients arrivent, le chiffre d’affaires grimpe. C’est peut-être le bon moment pour quitter votre job. Bravo, c’est une étape importante et un vrai cap franchi.
Mais attention : la micro-entreprise a ses limites. Une fois les seuils franchis, il faudra envisager la création d’une société(SASU, EURL, etc.). Cela implique de nouvelles obligations, mais aussi une nouvelle question cruciale : comment allez-vous vous rémunérer ?
Comment se payer quand on est entrepreneur ?
Prenons un objectif : vivre de votre activité et toucher 2 000 € net par mois.
Voici ce que cela implique, selon votre statut (en supposant qu’il n’y ait aucune autre charge à payer : pas de TVA, pas de loyer, pas de frais).
En SASU (président assimilé salarié)
- Salaire brut : 2 560 €
- Coût total pour l’entreprise (avec charges patronales) : 3 710 € / mois
- Soit 44 520 € de chiffre d’affaires par an
En EURL (gérant TNS)
- Charges sociales calculées sur le net
- Coût total pour 2 000 € net : environ 3 640 € / mois
- Soit 43 680 € de chiffre d’affaires par an
Ces chiffres permettent de comprendre une réalité souvent oubliée : le chiffre d’affaires n’est pas le revenu. Il faut un minimum de volume pour se dégager un salaire correct.
Conclusion : entre rêve et réalisme
Entreprendre, c’est bien. Mais il faut garder les pieds sur terre. Cela demande :
- une offre claire,
- une stratégie solide,
- une réelle rigueur de gestion,
- et une capacité à gérer l’incertitude.
Rien n’est impossible, mais rien ne se fait sans travail ni vision.
Le salariat a ses avantages, l’entrepreneuriat aussi. L’essentiel, c’est de savoir pourquoi vous le faites, et de ne pas confondre liberté et improvisation.
Et surtout : ne démissionnez pas sur un coup de tête, mais sur une stratégie.
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