SAS, SASU, SARL, EURL : ce que vous devez vraiment savoir sur les chiffres

Créer une société est souvent perçu comme un cap majeur : plus de crédibilité, plus de protection, mais aussi plus de responsabilités. Avant de foncer, il est essentiel de comprendre comment fonctionnent les charges sociales, l’impôt et le lien entre chiffre d’affaires et revenu réel.

Dans cet article, on passe au crible les points essentiels, sans jargon inutile.

Chiffre d’affaires ≠ revenu net

Comme en micro-entreprise, le chiffre d’affaires d’une société n’est jamais égal à votre revenu personnel.

Dans une société :

  • Les revenus appartiennent d’abord à la société (et non à vous directement),
  • Puis, selon votre stratégie, vous vous versez soit un salaire, soit des dividendes, ou les deux,
  • Chaque choix a un impact direct sur vos charges sociales et vos impôts.

Charges sociales : combien ça coûte vraiment ?

En SAS/SASU (Président assimilé salarié) :

  • Si vous vous versez un salaire, vous payez des cotisations sociales élevées.
  • En moyenne, il faut ajouter environ 80 % de charges au montant net que vous voulez toucher.
    • Exemple : pour 2 000 € nets → coût total pour la société ≈ 3 600 €.

En SARL/EURL (Gérant TNS – Travailleur Non Salarié) :

  • Les charges sociales sont moins élevées que pour un président de SASU.
  • Comptez environ 45 % à 50 % du revenu net en cotisations.
    • Exemple : pour 2 000 € nets → coût total pour la société ≈ 2 900 €.

À retenir :

  • SASU = meilleure protection sociale, mais charges plus lourdes.
  • EURL = charges sociales plus légères, mais protection sociale plus limitée (ex : pas d’assurance chômage).

Impôt sur les bénéfices : IS ou IR ?

Par défaut, SAS, SASU, SARL et EURL sont soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS).

Taux en 2025 :

  • 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices,
  • 25 % au-delà.

Option possible en EURL/SARL :

Il est possible d’opter pour l’Impôt sur le Revenu (IR) si certaines conditions sont remplies (utile pour de très petites structures au démarrage).

Salaire ou dividendes : quelle stratégie ?

Dans une société, vous pouvez vous rémunérer de deux manières :

1. Le salaire :

  • Soumis à cotisations sociales,
  • Déductible du bénéfice imposable de la société,
  • Génère des droits pour la retraite et la sécurité sociale.

2. Le dividende :

  • Non déductible du résultat,
  • Imposé via la flat tax à 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux),
  • Ou intégré au barème progressif de l’impôt sur le revenu après un abattement de 40 % (sur option).

Exemple concret : salaire vs dividendes

Voyons un exemple simple pour bien comprendre l’impact de votre choix de rémunération.

Situation de départ :

Votre société réalise 80 000 € de chiffre d’affaires annuel.

Vos frais professionnels s’élèvent à 20 000 €.

Votre bénéfice avant rémunération est donc de 60 000 €.

🔹 Cas 1 : Vous vous versez un salaire

Vous décidez de vous verser un salaire net de 2 000 € par mois, soit 24 000 € nets par an.

  • Coût total pour la société (avec charges sociales) ≈ 43 000 €.
  • Résultat restant pour la société : 60 000 € – 43 000 € = 17 000 €.
  • IS à 15 % sur 17 000 € ≈ 2 550 €.

En résumé :

  • Vous touchez 24 000 € nets de salaire,
  • La société paie 2 550 € d’impôt sur le bénéfice restant,
  • Votre salaire est intégré dans votre déclaration de revenus personnelle et soumis au barème progressif de l’impôt.

✅ Vous cotisez pour votre retraite et votre couverture sociale.

🔹 Cas 2 : Vous vous versez uniquement des dividendes

Vous choisissez de ne pas prendre de salaire, mais uniquement des dividendes.

  • Résultat avant IS : 60 000 €.
  • IS à payer :
    • 15 % sur les premiers 42 500 € = 6 375 €,
    • 25 % sur les 17 500 € restants = 4 375 €,
    • Total IS ≈ 10 750 €.
  • Résultat après IS : 60 000 € – 10 750 € = 49 250 €.

Option 1 : Flat tax (prélèvement forfaitaire unique)

  • 30 % d’impôt sur 49 250 € → 14 775 € à payer,
  • Montant net touché : 34 475 €.

Option 2 : Intégration au barème progressif (sur option)

  • Abattement de 40 % sur 49 250 € = 29 550 € imposables,
  • Imposition ensuite selon votre tranche marginale + prélèvements sociaux de 17,2 %.

Ce qu’il faut retenir

  • Le salaire est plus coûteux pour la société mais assure votre protection sociale complète,
  • Les dividendes permettent de toucher plus net rapidement, mais sans filet social,
  • Les dividendes sont eux aussi soumis à l’impôt, soit via la flat tax, soit en option au barème progressif après abattement de 40 %.

Et surtout : vous pouvez combiner les deux.

Beaucoup d’entrepreneurs choisissent de se verser un petit salaire pour bénéficier d’une protection sociale, et complètent leur rémunération par des dividendes pour optimiser la fiscalité.

Conclusion : adaptez votre stratégie à votre projet

Créer une société ouvre de nombreuses possibilités pour construire une rémunération sur-mesure.

Mais chaque choix a un impact direct sur votre revenu net, votre protection sociale et votre imposition.

Envie d’être accompagné dans votre réflexion ?

Contactez-nous : nous pouvons analyser votre situation et simuler plusieurs scénarios pour vous aider à choisir la meilleure stratégie pour votre projet.

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